Dépassement du plafond :
quelles amendes en 2027 ?

Jusqu'à 15 000 € pour un dépassement de nuitées, 20 000 € pour une fausse déclaration, 100 000 € pour un changement d'usage. Le barème réel, texte par texte.

Vérifié sur Légifrance
À jour au 1er octobre 2026
7 minutes de lecture
La réponse courte

Louer au delà du plafond de nuitées expose à une amende civile pouvant atteindre 15 000 €. Elle n'est pas prononcée par la mairie mais par le président du tribunal judiciaire, à la demande de la commune, et son produit est versé à cette commune.

Trois autres sanctions existent à côté : 10 000 € pour un défaut de déclaration, 20 000 € pour une fausse déclaration, et jusqu'à 100 000 € pour une location sans autorisation de changement d'usage.

Le barème complet, article par article

Les montants circulent souvent mélangés. Voici ce que prévoient réellement les textes en vigueur, avec le manquement précis auquel chaque montant se rattache.

ManquementMontant maximalNature et fondement
Défaut de déclaration du meublé auprès du téléservice national10 000 €Amende administrative prononcée par la commune. Article L. 324-1-1, V, code du tourisme
Fausse déclaration, ou usage d'un faux numéro de déclaration20 000 €Amende administrative prononcée par la commune. Article L. 324-1-1, V, code du tourisme
Dépassement du plafond de 120 ou 90 nuits, ou absence de transmission du décompte demandé par la commune15 000 €Amende civile prononcée par le président du tribunal judiciaire. Article L. 324-1-1, IV et V, code du tourisme
Location d'un local non destiné à l'habitation en meublé de tourisme sans l'autorisation exigée par la commune25 000 €Amende civile. Article L. 324-1-1, IV bis et V, code du tourisme
Maintien de l'annonce malgré une injonction du maire, logement frappé d'un arrêté de mise en sécurité ou d'insalubrité50 000 €Amende civile, par meublé concerné. Article L. 324-1-1, III bis et V, code du tourisme
Changement d'usage sans autorisation, typiquement une résidence secondaire louée toute l'année en zone soumise à autorisation100 000 €Amende civile par local irrégulièrement transformé, plus astreinte jusqu'à 1 000 € par jour et par mètre carré. Article L. 651-2 du code de la construction et de l'habitation
Sources : article L. 324-1-1 du code du tourisme, version en vigueur depuis le 20 mai 2026 (Légifrance) et article L. 651-2 du code de la construction et de l'habitation, version en vigueur depuis le 21 novembre 2024 (Légifrance).Montants vérifiés sur les textes le 1er octobre 2026.

Le dépassement du plafond : 15 000 €

C'est la sanction qui concerne le plus grand nombre de loueurs, parce qu'elle frappe la situation la plus banale : une résidence principale, déclarée en règle, louée simplement un peu trop.

Défaut de déclaration10 000 €
Dépassement du plafond de nuitées15 000 €
Fausse déclaration de résidence principale20 000 €
Changement d'usage sans autorisation100 000 €

Le montant affiché est un plafond, pas un tarif automatique. Le juge module en fonction de l'ampleur du dépassement, de sa durée, des revenus tirés de la location et de la bonne foi du loueur. Un décompte tenu au fil de l'eau et une régularisation rapide comptent dans cette appréciation.

Le point que presque personne ne voit. Le même montant de 15 000 € sanctionne aussi le fait de ne pas transmettre à la commune, dans le délai d'un mois, le décompte de nuits qu'elle vous demande. Autrement dit, ne pas répondre coûte aussi cher que dépasser. Voir comment répondre correctement.

Qui prononce quoi : mairie ou tribunal

La distinction entre amende administrative et amende civile n'est pas un détail de vocabulaire, elle change complètement le déroulement.

Amende administrativeAmende civile
ConcerneDéfaut de déclaration, fausse déclarationDépassement du plafond, changement d'usage
Prononcée parLa communeLe président du tribunal judiciaire
ProcédureDécision de l'administration, contestable devant le juge administratifProcédure accélérée au fond, sur demande de la commune
BénéficiaireLa communeLa commune

Dans les deux cas, le produit de l'amende revient à la commune. Le contrôle des meublés de tourisme n'est donc pas une charge pour une mairie, c'est une ressource. Cela explique que des villes s'organisent pour le faire sérieusement.

Les sanctions se cumulent

Un même logement peut relever de plusieurs textes en même temps, et rien ne prévoit qu'une sanction absorbe les autres. Prenons un cas concret et fréquent.

  1. Un appartement loué sans déclarationAmende administrative jusqu'à 10 000 €, prononcée par la commune.
  2. Déclaré à tort comme résidence principaleFausse déclaration : amende administrative jusqu'à 20 000 € supplémentaires.
  3. Loué toute l'année dans une commune soumise à autorisationChangement d'usage sans autorisation : amende civile jusqu'à 100 000 € par local, et astreinte de retour à l'habitation pouvant aller jusqu'à 1 000 € par jour et par mètre carré utile.

À quoi peuvent s'ajouter, sur un autre terrain, la taxe de séjour non collectée et la requalification fiscale des revenus. Le risque n'est jamais un seul chiffre.

Êtes vous au dessus du plafond ?

Avant de raisonner en amendes, vérifiez simplement où vous en êtes. Le total qui compte est celui de toutes vos plateformes réunies.

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Comment un contrôle se déclenche

Les contrôles ne sortent pas de nulle part. Quatre points de départ reviennent constamment.

Ce qu'il faut faire si vous avez dépassé

  1. Arrêtez la location pour l'année en coursChaque nuit supplémentaire aggrave l'ampleur du dépassement, qui est précisément ce que le juge apprécie.
  2. Reconstituez un décompte honnête, plateforme par plateformeExports datés, réservations annulées identifiées comme telles. Un dossier qui reconnaît un écart vaut mieux qu'un dossier qui le dissimule.
  3. Vérifiez votre déclarationUn numéro à jour et une qualification exacte du logement évitent d'ajouter une fausse déclaration à un dépassement.
  4. Si la commune vous écrit, répondez dans le délai d'un moisLe silence est sanctionné au même niveau que le dépassement lui même.
  5. Faites vous accompagner si la demande est formelleUn avocat en droit immobilier pour une assignation devant le tribunal judiciaire. Cette page ne remplace pas cet avis.

Ne refaites pas ce calcul à la main

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Questions fréquentes

+Quelle est l'amende exacte pour un dépassement du plafond de nuitées ?

Une amende civile dont le montant ne peut excéder 15 000 €, prévue au V de l'article L. 324-1-1 du code du tourisme. Elle est prononcée par le président du tribunal judiciaire selon la procédure accélérée au fond, à la demande de la commune, et son produit est versé à cette commune.

+La mairie peut-elle m'infliger l'amende directement ?

Pas celle du dépassement. La mairie prononce elle-même les amendes administratives, soit 10 000 € au maximum pour un défaut de déclaration et 20 000 € pour une fausse déclaration. Pour le dépassement du plafond, elle doit saisir le tribunal judiciaire.

+Peut-on me sanctionner plusieurs fois pour la même location ?

Les régimes sont distincts et se cumulent. Un logement non déclaré, loué au-delà du plafond et transformé sans autorisation de changement d'usage relève de trois textes différents, chacun avec sa propre sanction.

+Jusqu'à quand la commune peut-elle agir ?

Le code du tourisme lui permet de demander votre décompte de nuitées jusqu'au 31 décembre de l'année suivant celle de la mise en location. Une année 2027 peut donc faire l'objet d'une demande jusqu'au 31 décembre 2028.

+Que risque une résidence secondaire louée sans autorisation ?

Une amende civile pouvant atteindre 100 000 € par local irrégulièrement transformé, augmentée le cas échéant d'une astreinte de retour à l'habitation pouvant aller jusqu'à 1 000 € par jour et par mètre carré. C'est la sanction la plus lourde du dispositif.

+Ai-je intérêt à régulariser spontanément ?

Un dossier tenu, un décompte à jour et une déclaration correcte pèsent nettement dans la discussion avec la commune, et l'amende est un maximum, pas un tarif. Face à une demande formelle, l'avis d'un avocat en droit immobilier reste le bon réflexe : cette page est une information générale, pas un conseil juridique.

Pour aller plus loin

Information juridique générale. Cette page décrit la règle applicable à la date indiquée et ne constitue pas un conseil juridique individuel. MonPlafond est un service indépendant, sans lien avec les plateformes de location ni avec l'administration. Seuls les textes officiels, la délibération de votre conseil municipal et votre mairie font foi. Page à jour au 1er octobre 2026.